« Je soussigné » ou « Je sous signé » : quelle est la bonne orthographe ?

par | Jan 19, 2026 | Ressources scolaires | 0 commentaires

Dans l’univers administratif et juridique, la précision des termes est capitale. Une simple erreur d’orthographe peut parfois semer le doute sur la validité d’un document. Parmi les formules consacrées, « Je soussigné » figure en bonne place, mais son écriture suscite souvent des interrogations. Faut-il l’écrire en un ou deux mots ? Comment l’accorder correctement ? Cette expression, bien que courante, cache des subtilités grammaticales qu’il est essentiel de maîtriser pour garantir la rigueur de ses écrits. Cet article se propose de lever le voile sur cette formule formelle et de vous fournir les clés pour ne plus jamais commettre l’impair.

Origine et signification de « Je soussigné »

Une étymologie transparente

L’origine de l’expression « Je soussigné » est assez simple à décomposer. Elle provient de la juxtaposition du préfixe latin sub-, signifiant « sous », et du verbe « signer ». Littéralement, « soussigner » veut donc dire « signer dessous » ou « signer au bas d’un acte ». Le terme « soussigné » est le participe passé de ce verbe. Lorsqu’une personne écrit « Je soussigné », elle s’identifie comme étant la personne qui a apposé sa signature au bas du document en question, engageant ainsi sa responsabilité sur le contenu de celui-ci.

La portée juridique de la formule

Au-delà de sa simple signification littérale, l’expression revêt une forte portée juridique et administrative. Elle sert à identifier formellement et sans ambiguïté le déclarant, l’auteur de l’acte ou le contractant. C’est une formule performative : en l’écrivant, la personne s’identifie comme le signataire et authentifie la déclaration qui suit. Elle affirme solennellement : « Moi, la personne dont la signature figure ci-après, déclare que… ». Utiliser cette expression confère un caractère officiel et un poids certain à n’importe quel écrit, le transformant en un engagement formel.

Cette analyse de son origine et de sa signification nous amène naturellement à examiner les règles précises qui gouvernent son écriture, car une formule aussi formelle ne saurait tolérer l’approximation.

Orthographe et règles grammaticales de « Je soussigné »

Un participe passé en un seul mot

La question la plus fréquente est de savoir s’il faut écrire « soussigné » en un ou deux mots. La réponse est sans appel : il s’agit toujours d’un seul mot. « Soussigné » est le participe passé du verbe « soussigner ». La graphie « je sous signé » est donc systématiquement incorrecte. Il ne faut pas non plus y ajouter de trait d’union, la forme « sous-signé » étant également fautive. La seule et unique orthographe correcte est « soussigné », en un seul mot, sans césure.

L’accord en genre et en nombre : une règle essentielle

Puisqu’il s’agit d’un participe passé employé comme un adjectif ou un nom, « soussigné » doit obligatoirement s’accorder en genre (masculin/féminin) et en nombre (singulier/pluriel) avec le sujet qu’il désigne. C’est le point de vigilance majeur. L’accord se fait logiquement en fonction de la personne qui s’exprime ou qui est désignée. Il est donc crucial de savoir qui est le « je » ou le « nous » derrière la formule.

Sujet concerné Forme correcte Explication
Un homme (Je) Je soussigné Accord au masculin singulier.
Une femme (Je) Je soussignée Accord au féminin singulier avec ajout d’un -e.
Plusieurs hommes ou un groupe mixte (Nous) Nous soussignés Accord au masculin pluriel avec ajout d’un -s.
Plusieurs femmes (Nous) Nous soussignées Accord au féminin pluriel avec ajout de -es.

Maintenant que ces règles grammaticales fondamentales sont établies, il convient de se pencher sur les situations concrètes où cette expression est de rigueur.

Contexte d’utilisation dans les documents officiels

Une formule d’engagement formel

L’expression « Je soussigné(e) » n’est pas anodine et son usage est réservé à des contextes formels, principalement dans le domaine juridique, administratif ou professionnel. Elle marque le début d’une déclaration où l’individu engage sa parole, voire sa responsabilité légale. C’est un outil linguistique qui assoit la crédibilité et le sérieux d’un document, en liant de manière indissociable le contenu du texte à l’identité du signataire. On ne l’emploiera jamais dans une correspondance amicale ou informelle.

Les documents où l’on retrouve cette expression

La formule est omniprésente dans une grande variété de documents où un engagement personnel est requis. Sa présence signale immédiatement au lecteur la nature officielle et engageante de l’écrit. Voici une liste non exhaustive des principaux documents concernés :

  • Les attestations sur l’honneur : pour certifier de la véracité d’une information (par exemple, une attestation de domicile).
  • Les contrats : qu’il s’agisse d’un contrat de travail, de vente ou de location, elle peut introduire les parties.
  • Les lettres de démission : pour notifier de manière formelle la rupture d’un contrat de travail.
  • Les procurations : pour donner pouvoir à une autre personne d’agir en son nom.
  • Les reconnaissances de dette : pour matérialiser un engagement financier.
  • Les déclarations administratives : dans certains formulaires pour les impôts, la sécurité sociale ou d’autres organismes publics.

Afin de dissiper tout doute résiduel, rien ne vaut la mise en situation à travers des cas pratiques qui illustrent parfaitement l’application de la formule.

Exemples concrets d’application de « Je soussigné »

Dans une attestation sur l’honneur

Un homme qui doit justifier de son lieu de résidence rédigera son attestation en commençant de la sorte : « Je soussigné, Monsieur [Nom et Prénom], né le [Date de naissance] à [Lieu de naissance] et demeurant au [Adresse complète], certifie sur l’honneur que les informations fournies dans ce document sont exactes. » L’accord est bien au masculin singulier.

Dans une lettre de procuration

Une femme souhaitant donner pouvoir à un tiers pour la représenter utilisera la formule accordée au féminin : « Je soussignée, Madame [Nom et Prénom], demeurant au [Adresse], donne par la présente procuration à Monsieur/Madame [Nom du mandataire] pour effectuer en mon nom les démarches suivantes… » Le -e final est ici indispensable.

Dans un engagement collectif

Imaginons un couple (un homme et une femme) se portant garant pour un locataire. Leur engagement commun débutera ainsi : « Nous soussignés, Monsieur [Nom] et Madame [Nom], déclarons nous porter caution solidaire pour le paiement des loyers et charges dus par [Nom du locataire]. » Le masculin l’emporte dans ce groupe mixte, d’où l’accord au masculin pluriel.

Ces exemples montrent l’importance de l’accord. Pour vous assurer que vous avez bien assimilé ces règles, un petit exercice pratique peut s’avérer utile.

Exercice pratique : détecter les erreurs d’orthographe

Mettez vos connaissances à l’épreuve

Lisez attentivement les phrases suivantes et identifiez les éventuelles erreurs d’orthographe ou d’accord. Certaines phrases peuvent être correctes. Prenez un instant pour réfléchir avant de consulter les corrections.

  1. Je sous signé, [Nom], atteste par la présente avoir bien reçu le colis.
  2. La directrice, Madame [Nom], soussignée, valide ce projet.
  3. Nous, les habitantes de l’immeuble, soussignés, demandons l’installation d’un local à vélos.
  4. Je soussignée, Monsieur [Nom], m’engage à rembourser ma dette avant la fin du mois.

Cet exercice simple permet de vérifier la bonne compréhension des points abordés. Passons maintenant à l’analyse détaillée des réponses.

Résolution de l’exercice : explications et corrigés

Analyse des erreurs et corrections

Voici la correction commentée de chaque phrase de l’exercice, mettant en lumière les règles grammaticales expliquées précédemment.

  • Phrase 1 : Incorrecte. Correction : « Je soussigné, [Nom], atteste par la présente avoir bien reçu le colis. » Explication : L’erreur réside dans l’écriture en deux mots. Comme nous l’avons vu, « soussigné » est un mot unique, le participe passé du verbe « soussigner ».
  • Phrase 2 : Correcte. Explication : La phrase est parfaitement correcte. Le participe passé « soussignée » est bien accordé au féminin singulier, car il se rapporte à « La directrice, Madame [Nom] ».
  • Phrase 3 : Incorrecte. Correction : « Nous, les habitantes de l’immeuble, soussignées, demandons l’installation d’un local à vélos. » Explication : Le sujet « les habitantes » est un groupe exclusivement féminin. L’accord doit donc se faire au féminin pluriel, en ajoutant -es.
  • Phrase 4 : Incorrecte. Correction : « Je soussigné, Monsieur [Nom], m’engage à rembourser ma dette avant la fin du mois. » Explication : L’erreur est un mauvais accord en genre. La personne qui parle est un « Monsieur », le participe doit donc être au masculin singulier « soussigné », sans -e final.

Maîtriser l’orthographe et l’accord de « Je soussigné(e) » n’est finalement pas si complexe. Il suffit de se souvenir qu’il s’agit du participe passé du verbe « soussigner », écrit en un seul mot, et qu’il doit impérativement s’accorder en genre et en nombre avec la personne qu’il désigne. Cette rigueur grammaticale est le reflet du sérieux et de l’engagement que cette formule implique dans tout document officiel, garantissant ainsi sa clarté et sa validité.