Hésite ou hésites : les règles d’accord expliquées

par | Fév 22, 2026 | Ressources scolaires | 0 commentaires

Faut-il écrire « n’hésite pas » ou « n’hésites pas » ? Cette interrogation, fréquente à l’écrit, révèle une subtilité de la grammaire française qui oppose deux formes verbales très proches : hésite et hésites. La différence, qui tient à une seule lettre, le « s » final, dépend de règles de conjugaison précises liées au sujet du verbe et au mode employé. Comprendre cette distinction est essentiel pour garantir la justesse de ses écrits et éviter une erreur courante. Cet article se propose de clarifier, une bonne fois pour toutes, les contextes d’utilisation de chaque forme.

Comprendre l’accord du verbe hésiter

Le sujet, clé de l’accord

En grammaire française, la règle fondamentale est simple et immuable : le verbe s’accorde toujours en personne et en nombre avec son sujet. Avant de choisir entre « hésite » et « hésites », la première étape consiste donc à identifier sans équivoque le sujet du verbe. C’est ce sujet qui dictera la terminaison à adopter. Le verbe hésiter, comme tous les autres, ne fait pas exception à cette règle d’or. La question n’est donc pas tant orthographique que grammaticale.

Le verbe hésiter et le premier groupe

Le verbe « hésiter » appartient au premier groupe, c’est-à-dire à la catégorie des verbes dont l’infinitif se termine en « -er », à l’exception du verbe « aller ». Cette appartenance est une information cruciale, car elle signifie que sa conjugaison suit un modèle régulier et prévisible, partagé par des milliers d’autres verbes comme chanter, parler ou manger. Connaître les terminaisons de ce groupe permet de conjuguer correctement la quasi-totalité de ces verbes, y compris « hésiter ».

Cette régularité est un atout majeur pour comprendre sa conjugaison. Penchons-nous plus en détail sur les règles et les terminaisons qui nous intéressent au premier plan.

Les règles de base de la conjugaison

Le présent de l’indicatif

Le présent de l’indicatif est le temps le plus utilisé pour décrire une action qui se déroule au moment où l’on parle, une vérité générale ou une habitude. Pour le verbe hésiter, les terminaisons sont celles de tous les verbes du premier groupe. C’est ici qu’apparaissent nos deux formes concurrentes.

Pronom sujet Verbe conjugué Terminaison
J’ hésite -e
Tu hésites -es
Il / Elle / On hésite -e
Nous hésitons -ons
Vous hésitez -ez
Ils / Elles hésitent -ent

L’impératif présent

L’impératif sert à donner un ordre, un conseil ou à formuler une interdiction. Il ne se conjugue qu’à trois personnes et, particularité importante, il ne comporte pas de pronom sujet exprimé. Une règle essentielle s’applique aux verbes du premier groupe comme « hésiter » : la deuxième personne du singulier (celle qui correspond à « tu ») ne prend jamais de « s » final.

  • (Tu) : Hésite encore un peu.
  • (Nous) : Hésitons avant de décider.
  • (Vous) : N’hésitez pas à poser des questions.

Ces deux modes, l’indicatif et l’impératif, sont à l’origine de la confusion. Il est donc crucial de bien saisir ce qui distingue sémantiquement et grammaticalement « hésite » et « hésites ».

Différence entre hésite et hésites

« Hésites » avec un « s » : la deuxième personne du singulier

La forme « hésites », avec un « s », n’existe que dans un seul et unique cas : au présent de l’indicatif, à la deuxième personne du singulier. Le sujet est alors obligatoirement le pronom personnel « tu ». Si vous pouvez remplacer le sujet par « tu », alors la terminaison est bien « -es ». C’est une forme qui décrit ou constate une action.

« Hésite » sans « s » : plusieurs cas de figure

La forme « hésite », sans « s », est plus polyvalente. On la rencontre dans deux situations bien distinctes qu’il ne faut pas confondre :

  • Au présent de l’indicatif : aux première et troisième personnes du singulier. Les sujets sont alors « je » (j’hésite), « il », « elle », « on » ou un groupe nominal singulier équivalent (par exemple : le candidat hésite).
  • Au présent de l’impératif : à la deuxième personne du singulier. Il s’agit alors d’un ordre ou d’un conseil adressé à quelqu’un que l’on tutoie (par exemple : Hésite avant de signer !).

La forme sans « s » étant la plus complexe en raison de ses multiples usages, il convient de l’examiner de plus près pour savoir précisément quand l’employer sans commettre d’impair.

Quand utiliser hésite au singulier ?

À la troisième personne du singulier de l’indicatif

On emploie « hésite » lorsque le sujet du verbe est à la troisième personne du singulier. Ce sujet peut être un pronom personnel comme il, elle ou le pronom indéfini on. Il peut également s’agir d’un nom ou d’un groupe nominal au singulier qui pourrait être remplacé par l’un de ces pronoms. Par exemple : « Le client hésite », « La situation l’amène à ce qu’il hésite ». Dans tous ces cas, le verbe décrit une action et se termine par un « -e ».

À la deuxième personne du singulier de l’impératif

C’est le cas qui prête le plus à confusion. Pour formuler un ordre, un conseil ou une défense adressé à une personne que l’on tutoie, on emploie l’impératif présent. Conformément à la règle des verbes en « -er », la forme est « hésite », sans « s ». On le reconnaît au fait qu’il n’y a pas de sujet « tu » exprimé et que la phrase a une valeur injonctive. C’est notamment le cas de la très célèbre formule : « N’hésite pas à me contacter ».

La théorie est une chose, mais la pratique est souvent plus parlante. Voyons comment ces règles s’appliquent à travers des phrases concrètes du quotidien.

Exemples pratiques pour maîtriser l’accord

Phrases avec « hésites »

La forme « hésites » est toujours précédée du sujet « tu » (ou « tu » inversé dans une question). Il s’agit d’une constatation.

  • Si tu hésites encore, demande conseil à un expert.
  • Je vois que tu hésites à prendre la parole en public.
  • Pourquoi hésites-tu à accepter cette promotion ?

Phrases avec « hésite »

La forme « hésite » peut correspondre à l’indicatif (constatation) ou à l’impératif (ordre, conseil).

  • Indicatif : Mon frère hésite entre deux voitures.
  • Indicatif : On hésite souvent à déranger les gens.
  • Impératif : Hésite un instant et réfléchis aux conséquences.
  • Impératif : Surtout, n’hésite pas si tu as la moindre question.

Tableau récapitulatif

Pour une vision claire et synthétique, ce tableau résume les situations d’emploi.

Forme Mode Personne Sujet type Exemple
hésites Indicatif présent 2ème pers. sing. tu Tu hésites à répondre.
hésite Indicatif présent 3ème pers. sing. il, elle, on, le chat… Il hésite à répondre.
hésite Impératif présent 2ème pers. sing. (tu) – non exprimé Hésite avant de répondre !

Ces exemples illustrent les cas d’usage corrects, mais dans la pratique, certaines erreurs reviennent avec une insistance qui mérite qu’on s’y attarde.

Les erreurs fréquentes à éviter

Confondre l’indicatif et l’impératif

L’erreur la plus commune est d’ajouter un « s » à l’impératif. On voit très souvent la graphie fautive « N’hésites pas à m’appeler », alors que la forme correcte est « N’hésite pas à m’appeler ». Il s’agit d’un phénomène d’hypercorrection : en pensant bien faire et en appliquant la règle du « s » avec « tu », on l’applique en réalité au mauvais mode. L’absence de sujet « tu » est le meilleur indice qu’il s’agit d’un impératif.

L’oubli du sujet « tu »

Inversement, écrire « Tu hésite » est une faute d’accord classique. Si le sujet est « tu » et qu’il ne s’agit pas d’un ordre, le verbe doit impérativement prendre un « s » à l’indicatif présent. Cette erreur est souvent le fruit d’une inattention ou d’une méconnaissance de la règle de base de l’accord sujet-verbe. La relecture attentive permet généralement de corriger cette faute.

Connaître les erreurs est un premier pas. Adopter de bonnes habitudes et quelques astuces pour ne plus les commettre est l’étape suivante et décisive.

Conseils pour ne plus confondre hésite et hésites

Identifier le sujet du verbe

C’est le réflexe fondamental à acquérir. Posez-vous toujours la question : qui est-ce qui hésite ? Si la réponse est « tu », la terminaison sera « -es » (sauf pour un ordre). Si la réponse est « il », « elle », « on » ou un nom singulier, la terminaison sera « -e ». Ce simple questionnement résout la majorité des doutes.

Penser à la nature de la phrase

Demandez-vous quel est le but de votre phrase. Exprime-t-elle une constatation, une description (indicatif) ou bien un ordre, un souhait, un conseil (impératif) ? Si c’est un ordre adressé à « tu », alors il n’y a pas de sujet exprimé et pas de « s » final au verbe. La phrase « N’hésite pas » est un conseil, donc un impératif.

Utiliser un moyen mnémotechnique

Pour ne plus jamais mettre de « s » à l’impératif des verbes en -er, pensez à une suite d’ordres simples : « Mange, bouge, parle, écoute, hésite ! ». Aucun de ces verbes ne prend de « s » à la deuxième personne du singulier de l’impératif. C’est une règle systématique et facile à mémoriser qui vous sauvera de bien des erreurs.

Finalement, la distinction entre « hésite » et « hésites » repose sur deux piliers fondamentaux de la grammaire française : l’identification du sujet et la reconnaissance du mode verbal. La forme « hésites » est exclusivement réservée au sujet « tu » au présent de l’indicatif, pour constater une action. Dans les autres cas au singulier, notamment à l’impératif pour donner un conseil ou un ordre, la forme correcte est « hésite ». Une vigilance sur ces deux points suffit à lever toute ambiguïté et à ne plus jamais hésiter sur l’orthographe du verbe hésiter.