Parti ou partie : quelle est la bonne orthographe ?

par | Jan 20, 2026 | Ressources scolaires | 0 commentaires

La langue française, riche et subtile, présente parfois des écueils orthographiques qui peuvent dérouter même les locuteurs les plus avertis. Parmi ces défis, la distinction entre les homophones « parti » et « partie » figure en bonne place. Ces deux termes, bien que se prononçant de manière identique, possèdent des natures grammaticales et des significations radicalement différentes. Une erreur sur un simple « e » final peut altérer le sens d’une phrase et trahir une méconnaissance des règles fondamentales. Cet article se propose de lever le voile sur cette confusion fréquente, en analysant les définitions, les contextes d’usage et en fournissant des outils pratiques pour ne plus jamais hésiter entre ces deux mots.

Définir les termes : parti et partie

Pour dissiper toute ambiguïté, il est primordial de revenir à la nature et à la définition de chaque mot. Comprendre leur identité grammaticale est la première étape vers une utilisation correcte et éclairée.

Le mot « parti » : nom masculin et participe passé

Le terme « parti » revêt une double nature grammaticale. Il peut être un nom masculin ou le participe passé du verbe « partir ». En tant que nom masculin, il possède plusieurs sens :

  • Un groupement politique : C’est son usage le plus courant. Il désigne une organisation dont les membres partagent des idées communes et qui cherche à exercer le pouvoir. Exemple : Ce nouveau parti politique a présenté son programme électoral.
  • Une décision ou une résolution : Dans un registre plus littéraire, il signifie un choix, une option que l’on adopte face à une situation. L’expression « prendre son parti » de quelque chose signifie l’accepter, s’y résigner. Exemple : Face à l’adversité, il a pris le parti d’en rire.
  • Un avantage ou un profit : L’expression « tirer parti de » signifie exploiter une situation à son avantage. Exemple : Elle a su tirer parti de ses compétences pour obtenir une promotion.

En tant que participe passé du verbe partir, il s’emploie avec l’auxiliaire « être » et s’accorde en genre et en nombre avec le sujet. Exemple : Le train est parti à l’heure. Ils sont partis en vacances.

Le mot « partie » : un nom exclusivement féminin

Contrairement à son homophone, « partie » est toujours un nom féminin. Sa signification principale est celle d’une portion, d’un segment ou d’un élément d’un ensemble plus grand.

  • Une portion d’un tout : Il désigne une fraction d’un objet, d’un texte, d’un corps, etc. Exemple : J’ai lu la première partie du roman. La partie supérieure du corps.
  • Un jeu ou une rencontre : Il est utilisé pour parler d’une compétition ludique ou sportive. Exemple : Nous avons organisé une partie de cartes entre amis. La partie de tennis a duré trois heures.
  • Un domaine ou un champ de compétence : L’expression « ce n’est pas ma partie » signifie que cela ne relève pas de ses connaissances.
  • En droit : Le terme désigne chacune des personnes engagées dans un procès. Exemple : La partie adverse a fait appel du jugement.

La compréhension de ces définitions fondamentales est le socle sur lequel repose la distinction entre les deux termes. Cependant, c’est dans l’application pratique que les erreurs se manifestent le plus souvent, notamment à cause de leur prononciation identique.

Erreur courante : confusion entre parti et partie

La similarité phonétique entre « parti » et « partie » est la cause principale des fautes d’orthographe. L’oreille ne faisant pas la différence, seul le raisonnement grammatical et la connaissance du contexte permettent de choisir la bonne graphie.

L’accord du participe passé : un piège fréquent

L’une des erreurs les plus répandues concerne l’accord du participe passé « parti ». Conjugué avec l’auxiliaire « être », il doit impérativement s’accorder avec le sujet. Omettre le « e » final lorsque le sujet est féminin est une faute classique.

Incorrect : Elle est parti sans dire au revoir. Correct : Elle est partie sans dire au revoir.

Le tableau suivant illustre clairement cet accord :

Pronom Sujet Auxiliaire Participe Passé Accordé
Il est parti
Elle est partie
Ils sont partis
Elles sont parties

Confondre le nom et le participe

Une autre erreur consiste à utiliser le nom féminin « partie » à la place du nom masculin « parti », et inversement. Le genre du mot, souvent indiqué par le déterminant qui le précède (le, un, ce / la, une, cette), est un indice infaillible.

Incorrect : J’ai adhéré à cette parti politique. Correct : J’ai adhéré à ce parti politique (on dit « un parti »).

Incorrect : La première parti du film était longue. Correct : La première partie du film était longue (on dit « une partie »).

Ces erreurs, bien que courantes, peuvent être facilement évitées en analysant la structure de la phrase. Maintenant que les pièges ont été identifiés, il est utile d’examiner plus en détail les cadres spécifiques dans lesquels chaque mot s’inscrit.

Différences d’usages entre parti et partie

Au-delà de leurs définitions, « parti » et « partie » s’intègrent dans des expressions et des locutions figées qui leur sont propres. Les connaître permet de renforcer sa maîtrise et d’enrichir son vocabulaire.

Les expressions construites avec « parti »

Le nom masculin « parti » est au cœur de plusieurs expressions idiomatiques de la langue française. Il y prend souvent le sens de décision, d’avantage ou de camp.

  • Prendre parti pour/contre quelqu’un : Signifie soutenir ou s’opposer à quelqu’un dans un conflit.
  • Tirer parti de quelque chose : Exploiter une situation pour en obtenir un bénéfice.
  • Prendre son parti de quelque chose : Se résigner, accepter une situation inévitable.
  • Un parti pris : Une opinion préconçue, un préjugé.
  • C’est parti ! : Une exclamation utilisée pour marquer le début d’une action ou d’un événement.

Les locutions formées avec « partie »

Le nom féminin « partie » est également très productif et entre dans la composition de nombreuses locutions verbales et nominales, où il conserve généralement l’idée de portion ou de participation.

  • Faire partie de : Être un membre d’un groupe, être un élément d’un ensemble. Exemple : Il fait partie de l’équipe de France.
  • Prendre quelqu’un à partie : S’en prendre verbalement à quelqu’un, l’interpeller avec agressivité.
  • En partie : Partiellement, pas totalement. Exemple : Le projet est financé en partie par des fonds publics.
  • Partie remise : Expression signifiant que quelque chose est reporté à plus tard.
  • La partie adverse : Désigne l’opposant dans un conflit, un jeu ou un procès.

La maîtrise de ces distinctions sémantiques et structurelles est la clé pour employer ces termes avec justesse. Le meilleur moyen de consolider ces acquis est de les mettre en pratique à travers des exercices concrets.

Exercices pratiques : maîtriser l’orthographe

Pour vérifier votre compréhension et ancrer durablement la règle, voici quelques exercices. Prenez le temps de réfléchir au sens de chaque phrase avant de choisir la bonne orthographe.

Exercice 1 : complétez les phrases

Remplissez les espaces vides avec « parti », « partie », « partis » ou « parties ».

  • 1. La deuxième _______ du concert était bien meilleure que la première.
  • 2. Mon frère est _______ vivre au Canada l’année dernière.
  • 3. Quel _______ politique a remporté les dernières élections législatives ?
  • 4. Mes cousines sont _______ faire des courses en ville.
  • 5. Il a décidé de ne prendre _______ pour personne dans cette dispute.
  • 6. Une grande _______ des étudiants a réussi l’examen.
  • 7. Nous avons joué une _______ de Scrabble très serrée.
  • 8. Ils sont _______ sans laisser d’adresse.

Exercice 2 : trouvez et corrigez l’erreur

Identifiez le mot incorrect dans chaque phrase et remplacez-le par la forme juste.

  • 1. Elle fait parti d’une association de quartier très active.
  • 2. Le juge a écouté attentivement la version de la parti adverse.
  • 3. C’est partie pour une nouvelle aventure !
  • 4. J’ai pris le partie de lui dire la vérité, quoi qu’il en coûte.

Après avoir complété ces exercices, il est temps de confronter vos réponses aux corrigés pour évaluer vos progrès et comprendre d’éventuelles erreurs persistantes.

Corrigés des exercices : vérifier vos réponses

Comparer ses propres réponses avec la correction est une étape essentielle du processus d’apprentissage. Cela permet de valider ses connaissances et de cibler les points qui nécessitent encore de l’attention.

Correction de l’exercice 1

Voici les phrases de l’exercice 1 correctement complétées.

  • 1. La deuxième partie du concert était bien meilleure que la première. (Une portion du concert)
  • 2. Mon frère est parti vivre au Canada l’année dernière. (Participe passé du verbe partir, sujet masculin singulier)
  • 3. Quel parti politique a remporté les dernières élections législatives ? (Un groupe politique)
  • 4. Mes cousines sont parties faire des courses en ville. (Participe passé, sujet féminin pluriel)
  • 5. Il a décidé de ne prendre parti pour personne dans cette dispute. (Expression « prendre parti »)
  • 6. Une grande partie des étudiants a réussi l’examen. (Une portion de l’ensemble des étudiants)
  • 7. Nous avons joué une partie de Scrabble très serrée. (Un jeu)
  • 8. Ils sont partis sans laisser d’adresse. (Participe passé, sujet masculin pluriel)

Correction de l’exercice 2

Ci-dessous, les corrections des phrases de l’exercice 2, accompagnées d’une brève justification.

  • 1. Erreur : parti. -> Phrase correcte : Elle fait partie d’une association de quartier très active. (Justification : locution « faire partie de »)
  • 2. Erreur : parti. -> Phrase correcte : Le juge a écouté attentivement la version de la partie adverse. (Justification : nom féminin désignant un camp dans un procès)
  • 3. Erreur : partie. -> Phrase correcte : C’est parti pour une nouvelle aventure ! (Justification : expression figée et impersonnelle)
  • 4. Erreur : partie. -> Phrase correcte : J’ai pris le parti de lui dire la vérité, quoi qu’il en coûte. (Justification : nom masculin signifiant « la décision »)

Même après avoir compris et corrigé ses erreurs, il peut être utile de disposer de quelques techniques simples pour éviter de retomber dans les mêmes pièges à l’avenir.

Astuces pour retenir parti et partie

Pour que la distinction entre « parti » et « partie » devienne un automatisme, quelques astuces mnémotechniques simples peuvent être d’une grande aide au quotidien.

L’astuce du genre : masculin ou féminin ?

C’est la méthode la plus fiable. Avant d’écrire le mot, demandez-vous si vous pouvez le remplacer par « un » ou « une ». Si vous pouvez dire un, alors il s’agit du nom masculin « parti ». Exemple : (un) parti politique, (un) bon parti à prendre. Si vous pouvez dire une, alors il s’agit du nom féminin « partie ». Exemple : (une) partie de campagne, (une) partie du gâteau. Cette astuce ne fonctionne pas pour le participe passé, qui nécessite une analyse grammaticale.

Le remplacement par un synonyme

Une autre technique efficace consiste à remplacer mentalement le mot par un synonyme. Si le remplacement est cohérent, vous tenez la bonne orthographe.

  • Remplacez par groupe, choix ou décision : il faut écrire « parti ». Exemple : Il a choisi son (groupe) -> son parti.
  • Remplacez par portion, morceau, segment ou jeu : il faut écrire « partie ». Exemple : Je prends une (portion) du gâteau -> une partie du gâteau.

Identifier l’action de « partir »

Enfin, si la phrase décrit l’action de quelqu’un qui quitte un lieu, qui s’en va, alors il s’agit sans aucun doute du verbe « partir ». Le mot sera donc son participe passé, qui s’accordera avec le sujet : parti, partie, partis, parties. Exemple : Quand est-elle partie ? -> Action de quitter, sujet « elle », donc « partie ».

La distinction entre « parti » et « partie » n’est finalement pas si complexe. Elle repose sur la compréhension de la nature grammaticale de chaque mot : « parti » est un nom masculin ou un participe passé, tandis que « partie » est un nom exclusivement féminin. En gardant à l’esprit les astuces du genre et du remplacement par un synonyme, et en restant vigilant sur l’accord du participe passé du verbe « partir », il devient aisé de naviguer entre ces deux termes sans commettre d’impair. Une orthographe soignée est avant tout le reflet d’une pensée claire et structurée.