Programme de 6ème : histoire et Géographie

par | Fév 20, 2026 | Ressources scolaires | 0 commentaires

L’entrée en classe de 6ème marque une étape décisive dans le parcours scolaire d’un élève. Le programme d’histoire et de géographie, en particulier, ouvre les portes d’un monde nouveau, riche en découvertes et en questionnements. Il ne s’agit plus seulement d’apprendre des dates et des lieux, mais de commencer à forger un esprit critique en analysant les traces du passé et en comprenant l’organisation des sociétés humaines sur leur territoire. Cette année charnière jette les bases d’une culture commune indispensable pour tout citoyen en devenir.

Introduction au programme de 6ème en histoire et géographie

Un socle commun de connaissances et de compétences

Le programme de 6ème s’inscrit dans la continuité du cycle 3, qui englobe également les classes de CM1 et de CM2. Son objectif premier est de consolider les acquis de l’école primaire tout en introduisant des notions plus complexes. L’ambition est de donner aux élèves une première vision structurée et cohérente des grandes périodes de l’histoire et des principaux enjeux géographiques mondiaux. Il s’agit de construire un socle culturel partagé par tous, permettant de comprendre les racines de notre monde contemporain.

Les grands objectifs pédagogiques

Au-delà de l’acquisition de savoirs, le programme vise à développer des compétences fondamentales. Les élèves apprennent à se situer dans le temps et dans l’espace, à lire et à interpréter différents types de documents, et à formuler un raisonnement simple. Les principaux objectifs sont :

  • Se repérer sur une frise chronologique et sur une carte.
  • Analyser des sources variées : textes, images, vestiges archéologiques, cartes.
  • Rédiger des réponses construites en utilisant un vocabulaire précis.
  • Développer une curiosité intellectuelle et un regard critique sur le monde.

La transition entre l’école primaire et le collège

Le passage au collège implique un changement de méthode de travail. L’autonomie est davantage sollicitée et la rigueur dans l’analyse de documents devient primordiale. L’enseignant guide les élèves pour qu’ils passent d’une approche descriptive à une démarche d’investigation. C’est l’année où l’on apprend à poser des questions aux documents historiques et aux paysages géographiques pour en extraire du sens.

Cette initiation aux méthodes du collège pose les fondations pour aborder les différentes époques qui constituent le programme d’histoire.

Les grandes périodes historiques étudiées en classe de 6ème

Un voyage à travers les temps les plus lointains

Le programme d’histoire de 6ème propose une exploration chronologique des origines de l’humanité jusqu’à la fin de l’Empire romain. C’est un voyage fascinant qui couvre des millénaires et permet de comprendre l’émergence des premières sociétés organisées. L’accent est mis sur les ruptures et les continuités qui ont façonné les civilisations anciennes, dont nous sommes en partie les héritiers.

Le découpage thématique du programme

L’étude historique en 6ème est structurée autour de thèmes majeurs qui permettent de baliser cette immense période. Chaque thème explore une facette de l’évolution humaine, des premiers hominidés aux grands empires de l’Antiquité.

Période Thèmes principaux Exemples étudiés
La Préhistoire Les premiers êtres humains, la révolution néolithique Homo sapiens, les peintures de Lascaux, les débuts de l’agriculture
L’Antiquité Premiers États, premières écritures, le monde grec, l’Empire romain La Mésopotamie, l’Égypte des pharaons, Athènes au Vème siècle av. J.-C., Rome et son empire

L’importance de la chronologie

Maîtriser la chronologie est une compétence essentielle développée tout au long de l’année. Les élèves apprennent à utiliser des frises, à situer des événements les uns par rapport aux autres et à comprendre les notions de longue durée, de siècle et de millénaire. Sans ces repères temporels, il est impossible de saisir les liens de cause à effet qui structurent le récit historique.

L’aventure commence ainsi par le commencement, avec l’étude des temps immémoriaux où l’homme n’avait pas encore inventé l’écriture.

La préhistoire et les débuts de l’humanité

Le paléolithique : l’âge des chasseurs-cueilleurs nomades

Cette première grande période de l’histoire humaine, la plus longue, est marquée par le nomadisme. Les premiers hommes, comme Homo habilis puis Homo sapiens, vivent de la chasse, de la pêche et de la cueillette. Ils se déplacent au gré des saisons et des ressources disponibles. C’est durant cette période qu’ils maîtrisent le feu et développent les premiers outils en pierre taillée. L’art pariétal, dont les grottes de Lascaux sont un témoignage exceptionnel, révèle déjà une pensée symbolique complexe.

La révolution néolithique : un tournant majeur

Vers 10 000 avant J.-C., un changement radical s’opère au Proche-Orient. Les hommes inventent l’agriculture et l’élevage. Cette « révolution » entraîne la sédentarisation : les groupes humains se fixent et construisent les premiers villages. Cette nouvelle maîtrise de l’environnement permet une augmentation de la population et une nouvelle organisation sociale. C’est un basculement fondamental dans l’histoire de l’humanité.

Les premières manifestations artistiques et spirituelles

La sédentarisation s’accompagne de nouvelles formes d’expression. L’art se diversifie avec la poterie et le tissage. Les croyances s’incarnent dans des constructions monumentales, les mégalithes, comme les dolmens et les menhirs de Carnac. Ces vestiges, dont la signification exacte nous échappe souvent, témoignent d’une vie spirituelle intense et d’une capacité à organiser des chantiers collectifs de grande ampleur.

Cette sédentarisation et la complexification des sociétés vont bientôt donner naissance aux premières grandes civilisations de l’Antiquité.

L’Antiquité : civilisations et empires

L’Orient ancien : au cœur du « croissant fertile »

Les premières grandes civilisations naissent en Mésopotamie, entre les fleuves Tigre et Euphrate, et en Égypte, le long du Nil. Dans ces régions fertiles, les hommes développent une agriculture irriguée performante qui permet de nourrir des populations nombreuses. C’est là qu’apparaissent les premières villes, comme Ur ou Babylone, et les premiers États dirigés par des rois. Ces sociétés inventent des lois, comme le célèbre code d’Hammurabi, pour organiser la vie en commun.

L’Égypte des pharaons

La civilisation égyptienne fascine par sa longévité et ses réalisations monumentales. Le pouvoir est concentré entre les mains du pharaon, considéré comme un dieu vivant. La religion polythéiste rythme la vie quotidienne, et la croyance en une vie après la mort est à l’origine de la construction des pyramides et des temples grandioses. Le Nil, par ses crues régulières, est la source de toute vie et façonne l’organisation du territoire.

Le monde grec : l’invention de la politique et de la citoyenneté

La Grèce antique est un monde de cités-États indépendantes, les « polis ». Parmi elles, Athènes et Sparte sont les plus connues. À Athènes, au Vème siècle avant J.-C., une expérience politique inédite voit le jour : la démocratie, où les citoyens participent aux décisions politiques. Les Grecs sont aussi les inventeurs de la philosophie, du théâtre et des Jeux olympiques, laissant un héritage culturel immense.

L’Empire romain : conquêtes, paix et héritages

Partie d’une modeste cité d’Italie, Rome conquiert progressivement un immense empire autour de la mer Méditerranée. La puissance de son armée et son génie de l’organisation lui permettent d’imposer la « pax romana » (paix romaine) pendant plusieurs siècles. Les Romains diffusent leur langue, le latin, leur droit et leur mode de vie. L’empire devient également le berceau du christianisme, une nouvelle religion monothéiste qui finira par s’imposer.

L’essor de ces civilisations a été rendu possible par une invention capitale qui a bouleversé la communication et l’administration : l’écriture.

L’apprentissage des premiers alphabets et écritures

Les pictogrammes et l’écriture cunéiforme en Mésopotamie

L’écriture naît vers 3 300 avant J.-C. en Mésopotamie pour répondre à des besoins pratiques : compter les récoltes et les troupeaux. Les premiers signes sont des dessins, des pictogrammes, représentant des objets. Progressivement, ces signes évoluent pour devenir plus abstraits et noter des sons. C’est l’écriture cunéiforme, tracée sur des tablettes d’argile à l’aide d’un calame. Elle permet de rédiger des lois, des récits mythologiques et des contrats commerciaux.

Les hiéroglyphes : l’écriture sacrée des Égyptiens

Presque au même moment, les Égyptiens développent leur propre système d’écriture : les hiéroglyphes. Composée de dessins stylisés, cette écriture est considérée comme sacrée et est principalement gravée sur les murs des temples et des tombeaux. Le métier de scribe, qui maîtrise la lecture et l’écriture, est alors très prestigieux et essentiel au fonctionnement de l’État pharaonique.

L’alphabet phénicien : une révolution pour l’humanité

Vers 1 200 avant J.-C., les Phéniciens, un peuple de marins et de commerçants, inventent un système révolutionnaire : l’alphabet. Le principe est simple et génial : un signe correspond à un son. Avec une trentaine de signes, il devient possible de tout écrire. Cet alphabet, facile à apprendre et à utiliser, se diffuse rapidement dans tout le bassin méditerranéen. Il est à l’origine de nombreux alphabets modernes.

  • L’alphabet phénicien a donné naissance à l’alphabet grec.
  • L’alphabet grec a été adapté par les Étrusques.
  • L’alphabet étrusque a servi de base à l’alphabet latin que nous utilisons aujourd’hui.

Après ce long parcours à travers les âges, le programme invite les élèves à changer d’échelle pour explorer l’organisation du monde actuel.

Géographie du monde en 6ème : continents et océans

Habiter le monde : une géographie par l’humain

Le programme de géographie en 6ème ne se contente pas de décrire le monde. Il s’interroge sur la manière dont les sociétés humaines habitent la Terre. L’approche est thématique et se concentre sur les différentes formes d’occupation de l’espace. Les élèves découvrent pourquoi certaines régions sont très peuplées, comme les grandes métropoles, tandis que d’autres sont presque vides. Le fil conducteur est de comprendre les relations entre les sociétés et leur environnement.

Les grands repères du globe terrestre

Pour comprendre comment les hommes habitent le monde, il est indispensable de pouvoir le situer. Une partie importante du programme est consacrée à l’acquisition des repères géographiques fondamentaux. Il s’agit de construire une carte mentale du monde en apprenant à nommer et à localiser les continents, les océans, les grandes chaînes de montagnes, les fleuves majeurs et les principaux foyers de peuplement.

La diversité des espaces habités

L’étude se porte sur la diversité des paysages et des modes de vie. Les élèves comparent différents types d’espaces à travers des études de cas précises :

  • Habiter une métropole (ex : Lagos, Tokyo).
  • Habiter un espace de faible densité (ex : le Sahara, la Sibérie).
  • Habiter un littoral touristique.
  • Habiter un espace agricole.

Cette approche permet de comprendre que les contraintes naturelles (climat, relief) n’expliquent pas tout et que les choix des sociétés jouent un rôle déterminant.

Pour naviguer avec aisance dans cette exploration du monde, la maîtrise de certains repères précis est donc absolument nécessaire.

Les grands repères géographiques à connaître en 6ème

Construire sa carte du monde

À la fin de l’année de 6ème, un élève doit être capable de localiser avec précision les éléments fondamentaux qui structurent la planète. Cette connaissance est le socle de toute culture géographique. La liste des repères à maîtriser est précise et constitue un objectif clair pour l’année.

  • Les six continents : Afrique, Amérique, Antarctique, Asie, Europe, Océanie.
  • Les cinq océans : Atlantique, Pacifique, Indien, Arctique, Austral.
  • Les grandes lignes imaginaires : l’équateur, les tropiques (Cancer et Capricorne), les cercles polaires.
  • Les principaux foyers de peuplement et les plus grands déserts humains.
  • Les plus grands États du monde (Chine, Inde, États-Unis, Brésil, Russie).

Quelques données pour se faire un ordre de grandeur

Les chiffres permettent de matérialiser ces repères et de comprendre les grands équilibres mondiaux. Il ne s’agit pas de les apprendre par cœur, mais de saisir les échelles et les proportions.

Élément géographique Caractéristique principale Chiffre approximatif
Asie Continent le plus peuplé Plus de 4,7 milliards d’habitants
Océan Pacifique Océan le plus vaste 165 millions de km²
Himalaya Chaîne de montagnes la plus haute Mont Everest à 8 848 m
Sahara Désert chaud le plus grand 9 millions de km²

Savoir utiliser les outils du géographe

Au-delà de la mémorisation, l’objectif est de rendre l’élève autonome face à une carte. Il doit apprendre à en lire les informations essentielles grâce à ses composantes : le titre, qui indique le sujet ; l’échelle, qui permet de mesurer les distances ; la légende, qui traduit les symboles ; et l’orientation, souvent indiquée par une rose des vents.

Pour acquérir durablement ces connaissances et compétences, en histoire comme en géographie, une méthode de travail rigoureuse doit être mise en place.

Méthodologie de travail en histoire et géographie

L’analyse de document : le cœur du métier d’historien et de géographe

Savoir « faire parler » un document est la compétence centrale de la discipline. La méthode est systématique et doit devenir un réflexe. Elle consiste à :

  1. Présenter le document : identifier sa nature (texte, carte, image…), son auteur, sa date et sa source.
  2. Décrire et extraire les informations : relever les éléments importants qui répondent à la question posée.
  3. Expliquer et critiquer : mettre en relation les informations avec ses connaissances pour donner du sens au document et, si possible, en montrer les limites.

Cette démarche structurée permet de ne rien oublier et de construire un raisonnement solide.

La rédaction d’un paragraphe argumenté

L’histoire et la géographie ne sont pas de simples accumulations de faits. Il faut savoir les organiser pour répondre à une question. La rédaction d’un paragraphe argumenté suit une logique claire : une idée, un exemple, une explication. L’élève apprend à formuler une phrase d’introduction qui présente l’idée principale, à la développer avec des exemples précis tirés des documents ou du cours, et à conclure brièvement. C’est l’apprentissage de la construction d’une pensée organisée.

Se repérer dans le temps et l’espace : des outils à s’approprier

La frise chronologique en histoire et le fond de carte en géographie ne sont pas que des supports de cours. Ce sont des outils de travail que l’élève doit apprendre à utiliser et à construire. Réaliser sa propre frise ou compléter une carte aide à visualiser et à mémoriser les repères fondamentaux. Ce sont des techniques d’apprentissage actives qui ancrent durablement les connaissances.

Cette méthodologie est bien sûr au centre des attendus lors des différentes évaluations qui jalonnent l’année.

Évaluation des compétences en histoire-géographie en classe de 6ème

Les compétences au cœur de l’évaluation

L’évaluation en 6ème ne porte pas uniquement sur la restitution de connaissances. Elle vise avant tout à mesurer la maîtrise des compétences définies par les programmes officiels. L’enseignant cherche à savoir si l’élève est capable de mobiliser ses savoirs pour réaliser une tâche complexe. Les principales compétences évaluées sont :

  • Se repérer dans le temps : construire et utiliser des repères historiques.
  • Se repérer dans l’espace : construire et utiliser des repères géographiques.
  • Raisonner et justifier une démarche : poser des questions, formuler des hypothèses, vérifier.
  • Analyser et comprendre un document : extraire des informations pertinentes pour répondre à une question.
  • Pratiquer différents langages : rédiger un texte construit, réaliser un croquis, s’exprimer à l’oral.

La diversité des formes d’évaluation

Pour évaluer cet ensemble de compétences, les enseignants varient les formats. Une évaluation peut prendre la forme d’un contrôle sur table classique, avec des questions de cours et une étude de documents. Mais elle peut aussi consister en la réalisation d’un exposé, la création d’une carte mentale, ou encore un travail de groupe sur un dossier documentaire. Cette diversité permet à chaque élève de valoriser ses points forts.

Conseils pour préparer efficacement ses évaluations

La réussite en histoire-géographie repose sur la régularité. Il est illusoire de vouloir tout apprendre la veille d’un contrôle. La meilleure stratégie consiste à revoir ses leçons très régulièrement, même pour quelques minutes. La création de fiches de révision synthétiques, avec les dates clés, le vocabulaire important et les idées principales, est une méthode très efficace. Enfin, il ne faut pas hésiter à s’entraîner à refaire les exercices d’analyse de documents ou à compléter des fonds de carte vierges.

Le programme d’histoire et de géographie de 6ème constitue une année fondamentale. Il offre une première plongée dans le temps long de l’humanité, de la préhistoire à l’Antiquité, et une première lecture des grands enjeux de l’occupation de l’espace mondial. En plus d’apporter une culture générale indispensable, il dote les élèves d’outils intellectuels et de méthodes de travail qui leur seront utiles tout au long de leur scolarité pour analyser, comprendre et questionner le monde qui les entoure.