Retraite Agirc-Arrco : quel changement en 2026 fera chuter des pensions ?

par | Jan 21, 2026 | Ressources scolaires | 0 commentaires

Le 2 janvier 2026, des millions de retraités affiliés au régime complémentaire Agirc-Arrco pourraient constater une modification du montant net de leur pension, sans que le montant brut ait évolué. En cause, une mise à jour annuelle des taux de prélèvements sociaux, qui peut aussi bien jouer en leur faveur qu’en leur défaveur. Cette variation, bien que technique, aura un impact direct sur le pouvoir d’achat. Elle est déterminée par des critères fiscaux précis, notamment le revenu fiscal de référence. Il est donc essentiel de comprendre ce mécanisme pour anticiper une éventuelle baisse et éviter les mauvaises surprises.

Les nouveaux taux de prélèvements sociaux : ce qui change en 2026

Chaque début d’année civile marque une actualisation des taux de prélèvements sociaux appliqués aux pensions de retraite. L’année 2026 ne fera pas exception et le premier versement, prévu le 2 janvier, reflétera déjà cette mise à jour. Il est donc crucial de comprendre la nature de ces prélèvements et les différents taux qui peuvent être appliqués.

Le mécanisme d’actualisation des taux

Les caisses de retraite complémentaire Agirc-Arrco ne décident pas elles-mêmes du taux à appliquer. Elles se basent sur les informations transmises par l’administration fiscale. Concrètement, le taux de prélèvement pour l’année 2026 sera calculé à partir de votre revenu fiscal de référence (RFR) de l’année 2024, qui figure sur votre avis d’imposition reçu en 2025. Cette mécanique de décalage de deux ans est une règle immuable du système. Toute variation de vos revenus en 2024 ou un changement dans la composition de votre foyer fiscal aura donc des répercussions directes sur votre pension nette en 2026.

Les différents niveaux de prélèvements

Les pensions de retraite sont soumises à plusieurs contributions sociales. Le total de ces prélèvements dépend du niveau de revenu du foyer fiscal. Il existe quatre situations possibles pour la contribution sociale généralisée (CSG), qui est le prélèvement principal.

Situation fiscale Taux de CSG Autres prélèvements Taux global (hors assurance maladie)
Exonération 0 % Aucun 0 %
Taux réduit 3,8 % CRDS (0,5 %) 4,3 %
Taux médian 6,6 % CRDS (0,5 %) + CASA (0,3 %) 7,4 %
Taux normal 8,3 % CRDS (0,5 %) + CASA (0,3 %) 9,1 %

À ces taux, il faut ajouter une cotisation d’assurance maladie de 1 % dans la majorité des cas, portant le prélèvement maximal à 10,1 % de la pension brute.

La connaissance de ces taux est la première étape pour déchiffrer l’évolution de votre pension. Il faut ensuite analyser comment un changement de taux affecte concrètement le montant que vous percevez.

Comprendre l’impact des prélèvements sociaux sur votre pension

Le passage d’un taux de prélèvement à un autre n’est pas anodin. Même une variation de quelques points de pourcentage peut se traduire par une perte nette de plusieurs dizaines d’euros chaque mois, et donc plusieurs centaines d’euros sur une année complète. Il est donc primordial de visualiser l’impact financier de ces changements.

Du brut au net : une simulation chiffrée

Pour illustrer l’effet concret des prélèvements, prenons l’exemple d’une pension complémentaire Agirc-Arrco brute de 800 euros par mois. Selon le taux appliqué, le montant net viré sur le compte en banque du retraité sera très différent.

Taux de prélèvement global (avec 1% assurance maladie) Montant des prélèvements Pension nette mensuelle Perte annuelle par rapport à l’exonération
1 % (Exonéré de CSG) 8,00 € 792,00 €
5,3 % (Taux réduit) 42,40 € 757,60 € 412,80 €
8,4 % (Taux médian) 67,20 € 732,80 € 710,40 €
10,1 % (Taux normal) 80,80 € 719,20 € 873,60 €

Comme le montre ce tableau, le passage du taux réduit au taux normal peut représenter une baisse de près de 40 euros par mois pour une pension de 800 euros.

Les trois scénarios pour votre pension de janvier 2026

En fonction de l’évolution de votre situation fiscale entre 2023 et 2024, trois cas de figure se présenteront à vous lors du paiement du 2 janvier 2026 :

  • Une baisse de votre pension nette : c’est le scénario qui se produira si votre revenu fiscal de référence de 2024 vous fait franchir un seuil à la hausse, vous faisant passer à un taux de prélèvement supérieur.
  • Une stabilité de votre pension nette : si votre RFR de 2024 vous maintient dans la même tranche de prélèvements qu’en 2025, le montant net de votre pension ne devrait pas changer, hors revalorisation annuelle.
  • Une hausse de votre pension nette : à l’inverse, si vos revenus ont baissé en 2024, votre RFR pourrait vous faire passer dans une tranche inférieure, ce qui augmenterait mécaniquement le montant net perçu.

La situation de chaque retraité dépend donc entièrement des conditions fiscales qui lui sont propres, et notamment des seuils de revenus fixés par la loi.

Les conditions fiscales qui influencent votre pension Agirc-Arrco

Le système de prélèvements sociaux repose sur des règles fiscales précises. Le revenu fiscal de référence et le nombre de parts fiscales de votre foyer sont les deux piliers qui déterminent votre taux. Une bonne compréhension de ces éléments est indispensable pour anticiper toute évolution.

Les seuils de revenu fiscal de référence pour 2026

Les seuils de RFR sont revalorisés chaque année. Pour les prélèvements de 2026, basés sur les revenus de 2024, les plafonds à ne pas dépasser pour bénéficier d’un taux avantageux seront les suivants (estimation basée sur les barèmes actuels, susceptibles d’être légèrement ajustés).

Taux de CSG RFR 2024 pour une personne seule (1 part) RFR 2024 pour un couple (2 parts)
Exonération (0 %) Inférieur à 13 048 € Inférieur à 20 014 €
Taux réduit (3,8 %) Entre 13 048 € et 17 057 € Entre 20 014 € et 26 165 €
Taux médian (6,6 %) Entre 17 057 € et 26 470 € Entre 26 165 € et 40 604 €
Taux normal (8,3 %) Supérieur à 26 470 € Supérieur à 40 604 €

Il suffit de dépasser un seuil, même de quelques euros, pour basculer intégralement dans la tranche de prélèvement supérieure.

La règle de lissage sur deux ans

Une mesure de tempérament existe pour éviter des changements de taux trop brutaux. Si vous bénéficiez du taux réduit (3,8 %) ou de l’exonération, vous ne basculerez vers un taux supérieur que si votre RFR dépasse le plafond correspondant deux années consécutives. Par exemple, un retraité au taux réduit en 2025 qui dépasse le seuil en 2024 (pour application en 2026) ne verra son taux augmenter que s’il avait déjà dépassé ce même seuil en 2023 (pour application en 2025). En revanche, une baisse de revenus entraîne une diminution du taux dès l’année suivante, sans délai.

Cette complexité fiscale explique pourquoi certains retraités, pourtant dans des situations financières similaires, ne seront pas affectés de la même manière.

Qui sont les retraités les plus vulnérables face à ces changements ?

Tous les retraités ne sont pas logés à la même enseigne. Certains profils sont statistiquement plus exposés au risque d’une augmentation de leurs prélèvements sociaux. Il s’agit principalement de ceux dont la situation fiscale est proche d’un seuil ou a récemment évolué.

Les profils les plus exposés à une hausse

Une vigilance particulière est requise pour plusieurs catégories de personnes. Celles-ci ont plus de probabilités de voir leur taux de CSG augmenter en 2026 :

  • Les retraités dont le revenu fiscal de référence de 2023 était juste en dessous d’un seuil. Une légère augmentation de leurs revenus en 2024 (revalorisation des pensions, petits revenus annexes) peut suffire à les faire basculer.
  • Les personnes ayant connu un changement de situation familiale en 2024, comme un veuvage, qui entraîne la perte d’une demi-part ou d’une part fiscale et augmente mécaniquement le RFR par part.
  • Les retraités qui ont bénéficié en 2024 de revenus exceptionnels (plus-value sur une vente, rachat d’une assurance-vie) qui ont gonflé leur RFR.
  • Les bénéficiaires du taux réduit qui avaient déjà dépassé le plafond en 2023 et qui le dépassent à nouveau en 2024. Pour eux, la règle des deux ans s’appliquera, et la hausse du taux sera inévitable en 2026.

L’importance de chaque euro

Il est crucial de comprendre que le système de seuils est binaire. Un retraité avec un RFR de 17 057 euros paiera 4,3 % de prélèvements (hors assurance maladie), tandis qu’un autre avec un RFR de 17 058 euros, soit un euro de plus, paiera 7,4 %. L’impact sur la pension nette est donc totalement disproportionné par rapport à l’écart de revenu. Cette « injustice » du seuil rend certains foyers particulièrement fragiles.

Face à ce constat, l’anticipation devient le meilleur outil pour ne pas subir une baisse de revenus imprévue et potentiellement déstabilisante pour un budget.

Comment anticiper et s’adapter à la baisse de la pension nette

Subir une baisse de sa pension nette n’est jamais une bonne nouvelle, surtout dans un contexte d’inflation. Heureusement, il est possible d’anticiper ce changement et de prendre des mesures pour en atténuer l’impact sur son budget quotidien. La proactivité est la clé.

Analyser son avis d’imposition 2025

La première étape, et la plus importante, est de consulter avec attention votre avis d’imposition 2025, que vous recevrez durant l’été 2025. Repérez la ligne « Revenu Fiscal de Référence » et notez le montant indiqué. Comparez ensuite ce chiffre aux seuils de RFR présentés plus haut dans cet article. Cette simple comparaison vous donnera une indication très fiable du taux de prélèvements qui sera appliqué à votre pension Agirc-Arrco dès janvier 2026.

Ajuster son budget mensuel

Si votre analyse révèle une future augmentation de vos prélèvements, il est sage de ne pas attendre janvier pour réagir. Vous pouvez dès l’automne 2025 commencer à préparer votre budget pour l’année suivante. Conseil : calculez la perte nette mensuelle que vous allez subir et essayez de réduire vos dépenses variables d’un montant équivalent. Il peut s’agir de petits ajustements sur les loisirs, les abonnements ou les achats non essentiels. Mettre de côté cette somme chaque mois peut aussi aider à lisser le choc financier lorsque la baisse sera effective.

Une fois que vous avez anticipé le changement, il ne vous restera plus qu’à vérifier que le bon taux a bien été appliqué par votre caisse de retraite.

Les démarches à suivre pour vérifier votre taux de prélèvements en 2026

L’anticipation est une chose, la vérification en est une autre. Début 2026, il sera temps de contrôler que les informations ont été correctement prises en compte et que le taux appliqué à votre pension est bien celui auquel vous vous attendez. Des erreurs, bien que rares, peuvent toujours survenir.

Consulter son décompte de paiement en ligne

Le moyen le plus simple et le plus rapide de vérifier votre situation est de vous connecter à votre espace personnel sur le site de l’Agirc-Arrco. Dès les premiers jours de janvier 2026, vous devriez pouvoir accéder au décompte de paiement de votre pension du mois. Ce document est très détaillé et doit indiquer :

  • Le montant brut de votre pension.
  • Le détail de chaque prélèvement social : CSG, CRDS, CASA, cotisation maladie.
  • Le taux appliqué pour chaque prélèvement.
  • Le montant net final versé sur votre compte bancaire.

Comparez le taux de CSG affiché avec celui que vous aviez déterminé grâce à votre RFR. S’ils correspondent, tout est en ordre. Dans le cas contraire, une démarche s’impose.

Que faire en cas de désaccord sur le taux appliqué ?

Si vous constatez que le taux de prélèvement ne correspond pas à votre situation fiscale, votre premier réflexe doit être de contacter votre caisse de retraite Agirc-Arrco. Ne contactez pas l’administration fiscale, car c’est bien la caisse qui applique le taux. Préparez votre avis d’imposition 2025 (sur les revenus 2024) et votre dernier décompte de pension. Expliquez calmement la situation. La plupart du temps, une correction peut être effectuée et un remboursement des sommes trop-perçues sera réalisé sur les échéances suivantes.

La modification annuelle des prélèvements sociaux sur les pensions Agirc-Arrco est un mécanisme technique mais à l’impact très concret sur le budget de millions de retraités. Le passage à un taux supérieur, déclenché par un dépassement des seuils de revenu fiscal de référence, peut entraîner une baisse significative du montant net perçu dès le 2 janvier 2026. Les retraités les plus vulnérables sont ceux dont les revenus sont proches des seuils ou dont la situation familiale a changé. L’anticipation, via l’analyse de son avis d’imposition 2025, et la vérification sur son espace personnel Agirc-Arrco sont les démarches essentielles pour ne pas être pris au dépourvu.